commentaire Baudelaire Tableau Parisien

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Message  Admin le Mar 6 Jan - 23:29

Les fleurs du mal « Paysage », Baudelaire




Introduction

Charles Baudelaire est un poète du XIXème siècle dont la vie est placée sous le signe d’une double obcession : la douleur du spleen c'est-à-dire le « mal de vivre » et la lumière de l’idéal c'est-à-dire l’élan vers le beau, et se révèle comme un constant déchirement. Plus grande sera son aspiration à l’idéal, moins l’existence sera supportable. En 1857, Baudelaire fait éditer « les fleurs du mal », receuil de poèmes dans lequel il exprime ses doutes, ses angoisses et ses espoirs. Son livre est condamné pour « offense à la morale publique et aux bonne mœurs ». Bouleversé, il se juge incompris. Le receuil analyse 2 états opposés, symbolisés par le titre, le spleen et l’idéal ou plutôt l’idéal et le spleen. Il est composé de 100 poèmes, répartis en 6 sections « paysage » fait partie du 2ème chapitre : « tableaux parisiens », c’est la tentative de la communion humaine dans le cadre de la ville. Ici se manifestent une aspiration social et un générosité de l’âme de Brecht et la solitude des homme dans l’illusoire communauté humaine. Hériter du romantisme, Brecht va lancer le symbolisme qui a pour principe de recréer les correspondances qui existent entre le langage, le monde naturel ou le monde de l’art, et d’exercer un pouvoir évocateur et suggestif sur l’imaginaire.
Dans « paysage », c’est un paysage urbain que le poète évoque au travers de la vision de l’homme à sa fenêtre qui médite à la vue du paysage. Baudelaire présente un programme poétique au-delà de son tableau de la ville moderne du 19ème siècle.
Comment l’auteur rend-il poétique sa vision de la ville.
Nous allons tout d’’abord étudier le projet poétique puis nous étudierons l’art poétique.

I/. Projet poétique

1.) Forme poétique

a) forme classique

 alexandrin : vers noble, de 12 syllabes, représente la forme classique poétique. Tout le poème sera écrit en alexandrin.
 césure à l’hémistiche : c’est une césure après la 6ème syllabe d’un vers, cette césure est souvent marquée par la présence de la virgule, c’est encore une fois une marque classique de la poésie. On peut voir ce procédé au V2 ; V3 ;V4 :
« Coucher au prés du ciel, comme les astrologues » ; « Et, voisin des clochers, écouter en rêvant ».
 rimes plates : Tout le mpoème est organisé en rimes plates, c'est-à-dire de la forme A/A ; B/B : les rimes se suivent.

 Tout ces éléments donnent un rythme binaire au poème

Mais ce poème s’inscrit pourtant dans la modernité. Ce poème est modernie par son thème : la ville ; par le vocabulaire, les temps, la structure particulière (strophes de tailles différentes).

b) deux parties inégales

 8 vers et 18 vers
V1 à V8 : volonté affirmée d’écrire une poésie inspirée par sa libre imagination et le spectacle de la ville
V9 à V26 : de la rêverie douce à la création totale, le poète se fait démiurge.
 démiurge : dieu de la création

2.) les modalités énonciatives

a) lyrisme du « je » tout au long du poème : émotions, rêveries pensées : c’est toutes une expérience de sensibilité personnelle qui se met en place dans ce premier poème de la section « tableaux parisiens ».
 « je » permet l’expression des sentiments personnels :
v1 : « veux » « mes églogues » ; v17 : « je rêverai » ; v26 : « mes pensers » ; v23 : « je serai plongé dans cette volupté ».
 l’expérience de sensibilité personnelle se met en place dans ce premier poème de la section « tableaux parisiens ».
le « je » traduit aussi les sensations visuelles et auditives : « je verrai »

b) des références à sa vie :
- « ma mansarde » : référence à sa vie, il vivait dans une mansarde, appartement sité sous les toits, modeste et où le confort est restreint. A cette époque, c’est à la mode pour les artistes marginaux comme Baudelaire. Mansarde fait référence à la vie de bohème de l’auteur et à une position en hauteur qui surplombe Paris.
- « émeutes » : fait référence à l’émeute de 1848 où les révolutionnaires manifestent contre le régime monarchique. En effet, l’émeute, sous la forme de nom propre a une valeur de personnification c'est-à-dire qu’il fait référence à un moment important de la vie de l’auteur.

c) indices spatio-temporels :

l’évocation temporrelle se fait uniquement par les saisons. En effet, v13, v14, v24 : « été », « printemps », « automne », « hiver ». Baudelaire évoque toutes les saisons pour renforcer l’idée de constance et de perpétuel. On voit aussi une coupure avec l’hiver qui apparaît comme la saison privilégiée, c’est une période d’isolement qui mermet une concentration totale sur le projet poétique.
L’évocation spatiale est très présentes : v2 v3 v5 v6 v7 v8 v9 v10. En effet, en tout lieu, en tout temps, le projet poétique doit s’accomplir.
 élement du décor pour évoquer un lieu précis : métonymie.

3.) Projet Baudelérien

a) il ne s’agit pas de faire l’éloge de la ville et de la modernité. Baudelaire n’avait que faire de l’admiration d’un Hugo ou d’un Vigny pour le progèrs moderne (celui des chemeins de fer par exemple). La ville est pour lui un lieu où fourmille la vie et le point de départ de sa rêverie.
Baudelaire est irrité par ce progrès qui essine selon lui de la domination d’une bourgeoisie maniérée.
Industrialisation et montée de la bourgeoisie qui irritent baudelaire.
Baudelaire n’est pas un romantique, c’est seulement l’héritier, pas admirateur de la nature, intéressé par la ville. Il évoque « jardin » « saison » pour représenter symbole du mal de vivre.
Ville : point de départ de sa rêverie où fourmille la vie.

b) On pourra noter la mise en place de ce projet dans la gradation ascendant pour les verbes au futur de la première personne : « je verrai, je fermerai, je rêverai, je serai plongé » : la vsision de la ville qu’a le poète : « du haut de ma mansarde » lui permet de faire le plein d’images à la belle saison pour les plonger dans le creuset de son imagination et sde son art une fois l’hiver venu (v14) ; la création suppose alors le repli sur soi et solitude (vers15) qui permet le rêve (vers 17) et la création démesurée (vers 24-25-26). Ce que fait donc ici Baudelair c’est définir la création poétique et les conditions idéales pour la faire surgir.
« verrai » : volonté forte
« creuset » : fait référence à l’hiver
création démesurée : imaginaire, côté magique.

Tout cela montre que le poète est créateur, on ressent la volonté de rentrer en scymbiose avec l’univers.

c) termes méloratifs : « chastement-v1- « doux »- v9, enchantement-v12, volupté-v23, etc » : tonalité lumineuse du poème ; la création véritable ne peut être source que de bonheur et de « volupté ».

transition : Si le poème apparaît au remier abord comme une simple description d’un paysage urbain et moderne, on s’apercoit à travers l’étude des modalités énonciatives que le spectacle de la ville est surtout un moyen d’échapper au spleen, une tentative pour retrovuer le bonheur et l’idéal, peut-être entrevu dans une vie antérieure, mais cela par le biais de la création. Aussi le poème « paysage » peut-il-être considéré comme un véritable art poétique.












II./ Un art poétique

1.) les éléments du paysage réel

a) la ville : éléments du paysage urbain, industriel ; détails réalistes et prosaïque du Paris du XIXème siècle.
Présentation du lieu où il écrit : situation du poéte et du lieu d’observation, c’est représentatif du monde du travail.
 cela permet de voir d’autres endroits
« atelier » v6, du monde industriel : « charbone » ; « tuyaux »
monde religieux : « clocher »

 cela renvoit au contexte urbain qui englobe habitations de poète avec le mot fenêtre et construction environnantes.

Activités : Après l’évocation de la vie quotidienne, Baudelaire fait référence au « décor » politique : émeute (agitation sociale et politique de 1848)
 contexte réel présente à travers des lieux, activités, évênements
 C’est la matière de son inspiration

b) élements célestes : espace et liberté

V8 : ciel/ciels
Le ciel varie de couleurs, a différentes formes selon le temps.
« grand »montre que lorsque Brecht regarde la ville du haut de sa mansarde, le ciel lui paraît immense d’où l’idée d’espace et de liberté.

d) prise de hauteur : position privilégié du poète qui finit par tourner le dos à la réalité.
V2 : astrologue :poète voit à travers le réel et sa position élevée signale sa condition particulière. Il finit par tourner le dos à la réalité.
 voisin des clochers, donc pas très éloigné de Dieu

2.) les éléments du paysage rêvé

a) idéalisation du paysage : les perceptions agréables de son environnement font une présentation lyrique et magique du paysage.
V12 : enchantement
V9-11 : brumes, l’étoile, l’azur, lampe, firmament, lune »
 images de crépuscule urbain qui créent une atmosphère de rêve
La ville est présentée à travers la sensibilité du poète.

b) idéalisation des bruits :
 Perception auditives : V3 « les clochers chantent »
« hymnes » : chants de louanges
v6 « les bruits de l’atelier » se transforment en chant et bavardages.
Harmonie imitative du son régulier des cloches
 V3 : « écouter en rêvant »
v9 : « voir »  cela montre l’importance des perceptions auditives ; le poète sait écouter. Il est témoin de la cité non pas pour en rendre compte de manière réaliste mais pour en saisir l’originalité et reconstruire le réel.
-romantiques : v19-v20 clichés romantiques
-jeu des couleurs, des lumieres et des lignes

 perceptions visuelles : « les fumées d’usines v 11 se transforment en « fleuve de charbon » qui montent le ciel v7 : les clochers deviennent des mâts et font de la ville un grand navire avec une connotation de voyage.

 « horizons bleuâtres » : « jardins, jets d’eau, albâtres, féerique palais »  la ville est remplacée par des constructions nées à la fois du rêve et de souvenirs littéraires.
Le réel a subi une métamorphose, il l’a transformé par des connotations à elles chargées de sa sensibilité.

 le titre paysage renvoie donc à la présentation d’un univers urbain que le poète capte visuellement et auditivement en observateur attentif et sensible. Mais ce titre n’est pas une description comparable à celle d’un peintre, elle est à prendre dans le sens métaphorique et symboliste. Il s’agit de la transformation du paysage perçu qui se fait d’abord à partir de la perception qui conduit ensuite à une récréation plus proche des rêves que de la réalité.
Le poème est consacré aux 2 étapes de la création. Il met en application la démarche qu’il analyse et expose sous une forme poétique ce qui aurait pu être un programme poétique.

3.) Le matériau de la transfiguration poétique

 le symbolisme des correspondances et des synesthésies :création d’un univers magique par sa position élevée, sa solitude  le poète voit déchiffrer les signes ( il voit à travers le réel) il ne participe pas au tumulte politique.
Il est capable de créer un monde fabuleux en faisant intervenir sa volonté v24, sa sensibilité v25, et son esprit v26

 travail par les images ex : mâts de la cité ; l’atelier ; les tuyaux

v8 thématique romantique : l’idéal, les correspondances verticales après les évocations des correspondances horizontales du v7, idéal par le jeu des sensations, les synesthésies font naître l’imaginaire et aboutissent à la composition de l’œuvre

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